Université d'Avignon

Centre d'Etudes Canadiennes d'Avignon (CECAV)

>>> Recherches en cours

Les recherches des membres du CECAV s'inscrivent dans l'axe 2 du laboratoire "Identité culturelle, textes et théâtralité" (ICTT, EA 4277).

Elles portent sur les variétés de français en usage en Amérique du Nord, spécialement dans les Provinces Maritimes du Canada, ainsi que sur les aspects sociolinguistiques.

    Problématique générale

    La question de savoir quelle langue parlaient les colons français qui sont partis pour la Nouvelle-France est au cœur de la description des variétés du français d'Amérique. Même si la plupart des chercheurs pensent aujourd'hui que cette langue possédait peu de caractéristiques dialectales spécifiques, les tentatives de reconstitution des usages langagiers dépassent rarement quelques exemples récurrents. Un article récent montre, dans le domaine lexical, que ces spécificités peuvent être, pour un bon nombre d'entre elles, localisées dans les parlers du Perche, alors que les colons issus de cette même région ne représentaient que 4,7% du total des premiers immigrants (J.-P. Chauveau et Th. Lavoie, “A propos des origines dialectales du lexique québécois”, in RLiR 57, pp. 403-404 et carte p. 417).

    Ces parlers sont peu différenciés phonétiquement du français C'est pourquoi on peut les envisager sans inconvénient comme représentatifs de la koinè que plusieurs auteurs, après Poirier (“La prononciation québécoise ancienne d'après les graphies d'un notaire du 17e siècle”, in Juneau et Straka éds., 1995, Travaux de linguistique québécoise, Québec, Presses de l'Université Laval, pp. 193-256) considèrent à l'origine du franco-québécois. Si l'on s'en tient aux données modernes sur ces parlers, “aux oreilles des locuteurs du français, le parler des Percherons devait sonner comme une espèce de français populaire” (Chauveau-Lavoie, ibid., 411).
    Il est clair, en tous cas, que l'origine dialectale des spécificités du français québécois, et plus largement d'Amérique du Nord, ne peut pas être purement et simplement rapportée au nombre de colons originaires de diverses provinces françaises et que cette difficile recherche des origines trouve vite ses limites.

 
    Hypothèse de travail

    Il n'y a pas de rupture totale du processus évolutif entre les deux extrémités de la chaîne qui unit les français populaires et dialectaux de l'Ouest de la France et les créoles à base lexicale française. Cette continuité passe par les français marginaux d'Amérique du Nord (minorité de la presqu'île de Port-au-Port à Terre-Neuve, cadjun de Louisiane).


    But de la coopération
    - Mettre en évidence des données mal connues ou même inconnues sur le français parlé ancien.

    - Observer les diverses strates de régionalismes, correspondant aux immigrations successives.

    - Passer de recherches ponctuelles à une approche globale d'explication concernant les processus autorégulateurs du français, dont le jeu est accentué par l'absence de pression normative.

    Cadre méthodologique

    Comparaison de différentes variétés de français d'Amérique qui ont fait l'objet de travaux lexicographiques et/ou morphosyntaxiques avec les particularités dialectales consignées dans les atlas linguistiques de la France par régions et classées dans le FEW ainsi qu'avec les créoles de la zone caraïbe.